COMMUNIQUÉ #MeTooInceste : où sont les actes du gouvernement devant des chiffres qu’il connaît pourtant depuis des années ?

 

Communiqué de presse des effronté-es
21 janvier 2021

#MeTooInceste
Où sont les actes du gouvernement devant des chiffres
qu’il connaît pourtant depuis des années ?

Depuis la sortie du livre La familia grande de Camille Kouchner, dans lequel elle dénonce les actes incestueux d’Olivier Duhamel sur son frère jumeaux, le collectif Nous Toutes a rebondi sur le sujet en proposant le hashtag « #MeTooInceste ». Deux jours plus tard, plus de 80 000 témoignages apparaissaient sur les réseaux sociaux. Les victimes cassent enfin la loi du silence qu’on leur a imposée.

Nous apportons tout notre soutien aux victimes et saluons leur courage. 

Nous, association Les effronté-es, revendiquons l’adoptions des mesures suivantes :

 

Une présomption irréfragable de non-consentement en dessous d’un âge seuil fixé à 15 ans, pour tout acte de nature sexuelle avec un-e majeur-e

Parce qu’un enfant ne peut pas consentir ! Sans cette présomption, l’enfant doit prouver qu’il ou elle n’était pas consentant-e. Corrollaire de cette présomption de non-consentement : tout acte de nature sexuelle d’un-e adulte avec un-e mineur-e de moins de 15 ans serait automatiquement qualifié de viol ou d’agression sexuelle, sans qu’il soit nécessaire de caractériser la violence, la menace, la contrainte ou la surprise.

Cet âge seuil doit être élevé à 18 ans en cas d’inceste, dans le cas ou l’acte est commis par personne ayant autorité sur le ou la mineur-e.

L’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineur-es

De nombreuses études démontrent que les amnésies traumatiques sont fréquentes après avoir subi des agressions sexuelles et des viols, notamment lorsque ceux-ci étaient incestueux. La honte, les pressions familiales, et l’autorité de l’auteur des violences sont également des facteurs qui défavorisent le fait de porter plainte,  jusqu’à ce qu’il soit un jour trop tard au regard de la prescription. Il est nécessaire que la loi considère ces facteurs.

L’application de la loi Aubry de 2001 qui prévoit 3 heures d’information sexuelle par an et par niveau.

Nous demandons aussi, en plus de ce minimum, la mise en place de véritables programmes d’éducation contre le sexisme et à l’égalité entre les genres, de la maternelle au supérieur ! C’est indispensable pour s’attaquer à la racine du problème, nous rappelons qu’un tiers des actes pédocriminels sont commis par des personnes elles-mêmes mineures.

La formation et l’outillage de la police, de la justice, des personnels de l’Éducation Nationale et de la petite enfance, des pédiatres et pédopsychiatres, des travailleurs-euses sociales

L’ enquête IPSOS commandée par l’association Face à l’inceste en novembre dernier, révèle que 10% des français-es ont subi l’inceste, ce qui correspond à 2 à 3 enfants par classe. Face à l’omerta familiale, l’école est le tout premier recours d’un enfant maltraité.

De même les médecins doivent être aptes à détecter les signaux de cette maltraitance et prévenir les services compétents pour qu’une enquête soit ouverte.

Il est nécessaire de former la police afin que le dépôt de plainte se fasse de façon efficace et bienveillante. Ces formations doivent s’étendre au personnel de justice, où les déqualifications sont aussi très nombreuses.

La formation spécifique des experts psychiatres auditionnés dans des procédures judiciaires à la victimologie et traumatologie 

Aujourd’hui les expertises rendues sont souvent en opposition avec la parole de l’enfant, qu’on ne croit pas. Le processus de sélection des experts est aussi extrêmement flou, et n’est pas contrôlé. Ces personnes sont incapables de comprendre les phénomènes, pourtant désormais connus, tels que la dissociation traumatique, la sidération, l’emprise. Nous voulons qu’ils soient dans l’obligation de justifier d’une connaissance solide de ces phénomènes pour être auditionnés dans ces procédures, que leur sélection soit strictement contrôlée par l’Etat.

Il est urgent d’agir contre les violences masculines – 96% des actes pédocriminels sont commis par des hommes – et de protéger les enfants. Sans ces mesures, les enfants continueront d’être exposés à ces violences. Le gouvernement a trop longtemps mis de côté les victimes, les chiffres, les associations. Cette fois les belles paroles ne suffiront pas, nous attendons des actes.

Retrouvez notre article complet
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Contact presse :
  Claire Charlès : 07 60 36 38 29
Tiffany Coisnard : 06 58 85 18 02

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