Le propriétaire de «Jacquie & Michel» en garde à vue : un grand jour pour les femmes victimes de l’industrie pornocriminelle !

Le propriétaire de «Jacquie & Michel» en garde à vue :
Un grand jour pour les femmes victimes de l’industrie pornocriminelle !

Communiqué de presse – Les effronté-es
15 juin 2022

Ce mardi 14 juin 2022, Michel Piron, propriétaire de la plateforme pornographique “Jacquie & Michel”, a été placé en garde à vue pour « complicité de viols aggravés », « agressions sexuelles », « proxénétisme » et « traite des êtres humains », de même que son épouse et que trois “acteurs”. Cela fait suite à l’enquête préliminaire ouverte en juillet 2020 après le signalement des effronté-es au Parquet ainsi que celui des associations Osez le Féminisme ! et le Mouvement du Nid, début 2020.

Nous nous réjouissons que Michel Piron soit enfin face à ses responsabilités alors qu’il s’en dédouane prétextant n’être « que diffuseur ». Or, il doit répondre des viols, actes de torture et de barbarie qui ont lieu dans les films que sa plateforme héberge.

En effet, tout diffuseur se doit de connaître les conditions de réalisation des contenus qu’il héberge, et plus directement ces contenus eux-mêmes, à savoir des actes réprimés par le droit tels que le viol. L’industrie pornographique est un réseau criminel particulièrement bien organisé, usant de stratégies spécifiques, comme les techniques de “rabattage” – les rabatteurs piègent leurs victimes en les manipulant via de fausses identités, en leur faisant subir un premier viol particulièrement brutal dans le but de les déstabiliser et leur faire perdre tout point de repère, etc. – mais aussi par des pièges financiers visant à précariser leurs victimes souvent déjà vulnérables. Ces techniques sont similaires à celles du milieu prostitutionnel. Dans un tel réseau, les producteurs sont proches des diffuseurs. Le fait que ces derniers osent nier leur rôle dans ces agissements effroyables, prêterait à rire s’il ne s’agissait d’un sujet si grave.

Ce que révèle au fur et à mesure cette enquête, qui depuis a été suivie par l’affaire dite du “porno français” et plusieurs autres aux Etats-Unis, c’est que l’industrie pornographique est une organisation criminelle, qui génèrent des milliards et des milliards chaque année, qui a les moyens de se protéger sur un plan juridique, et qui a la puissance d’une mafia. Les pornocriminels profitent avant tout d’angles morts et d’impensés dans le droit français en particulier, que les parlementaires commencent enfin à interroger, mais aussi d’une impunité incompréhensible alors que les synopsis de leurs films multiplient les violations de la loi : ceux ci sont racistes, sexistes, lesbophobes, transphobes, mentionnent des actes de viols, d’incestes, de tortures – et sont les plus présents sur les sites X – voir notre audition au Sénat en janvier 2022.

Cela démontre aussi que le porno dit “amateur” est une véritable arnaque sémantique, créée dans l’unique but de feindre une illusion de consentement, comme s’il s’agissait d’une sorte de libertinage filmé, alors que rien ne différencie les films hébergés par Jacquie & Michel de la pornographie générale, dont on rappelle que 88% des scènes contiennent de la violence explicite (les contenus les plus violents sont même les plus regardés). La garde à vue de Michel Piron est la suite logique de cette affaire historique, dont l’enjeu est crucial ; celui de reconnaître des violences extrêmes jusqu’alors très banalisées, desquelles les consommateurs sont complices, et d’y mettre fin, définitivement.

Contacts presse :
Claire Charlès : 07 60 36 38 29
Tiffany Coisnard : 06 58 85 18 02

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s