Un RSA pour les moins de 25 ans, c’est URGENT !

Communiqué de presse des effronté-es

16 avril 2021

Un RSA pour les moins de 25 ans, c’est URGENT !

Depuis plusieurs mois, l’idée de la création d’un “minimum jeunesse”, ou d’un RSA accessible dès 18 ans, est portée par plusieurs député-es, mais est rejetée. Pour rappel, le RSA est actuellement accessible à partir de 25 ans, et son montant est de 565 euros. Quelques dispositions rendent possible son accès par les personnes de moins de 25 ans, mais les critères sont particulièrement stricts, et excluent donc en grande partie ces jeunes. 

Contrairement aux idées reçues, le RSA ne détourne pas les personnes d’une recherche d’emploi, permettant le strict minimum pour survivre, et connaît un taux de non-recours d’environ 36% (le fait pour un ayant-droit de ne pas percevoir d’allocation, à cause d’opacité administrative, d’un manque d’orientation ou de méconnaissance du dispositif) – pour le RSA socle – ce taux monte à 67% pour le RSA activité.

Actuellement, le débat est remis sur le tapis à l’Assemblée Nationale, et nous soutenons, en tant qu’association féministe, mais aussi, anticapitaliste, la proposition de loi visant à étendre le RSA aux personnes de moins de 25 ans, pour les raisons suivantes :

Les jeunes sont les premier-es exposé-es à la précarité

La moitié des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ont moins de trente ans. La proposition de loi rappelle que parmi eux, le “taux de chômage atteint les 20%”. Il apparaît donc nécessaire de mettre en place des mesures luttant contre la pauvreté, en la ciblant là où elle se trouve. De plus, la crise sanitaire actuelle a creusé cette précarité, beaucoup de “petits boulots” et de “jobs étudiants” n’étant plus possibles en périodes de confinement. Dans certains cas, les jeunes restent plus longtemps dans leur famille, ne pouvant pas vivre seul-es sans revenu, ce qui finit par peser sur la famille elle-même et par la fragiliser financièrement.

La prostitution ne devrait pas être un moyen de survie

En tant qu’association féministe et abolitionniste du système prostitueur, nous nous devons de rappeler le lien étroit entre précarité et prostitution. François Ruffin, député (FI) portant la proposition, raconte :

 “Samia, étudiante en Seine-Saint-Denis, a basculé dans la prostitution pour survivre”. 

Alors que nous revendiquons un approfondissement de la loi de 2016, visant a protéger les personnes en situation de prostitution, en développant des mesures sociales adaptées, il nous apparaît que l’ouverture du RSA dès 18 ans est en lien direct avec notre lutte contre le système prostitueur.

La prostitution est trop souvent le moyen de survie des femmes, et peut commencer jeune, avant 25 ans, voire chez les mineur-es. Au delà de tout clivage au sein des féminismes, sur la question d’un choix possible ou non dans la prostitution, il semble évident que des mesures sociales permettant de lutter contre la précarité chez les plus vulnérables est une manière d’éviter la prostitution quand elle est irrémédiablement le résultat de conditions économiques et sociales particulièrement difficiles. Ainsi, nous estimons qu’un RSA pour les moins de 25 ans est, entre autre, une mesure féministe.

Par ailleurs, les jeunes LGBT+ mis-es à la porte de chez elles/eux par leurs parents se tournent aussi parfois vers la prostitution. Cette mesure leur bénéficierait également, ainsi qu’à celles et ceux qui doivent supporter le climat hostile et toxique de leur famille car ils/elles sont sans ressources. La précarité des jeunes LGBT+, additionnée aux LGBTphobies est une cause de détresse sociale et même de suicide.

Nous rappelons que le montant du RSA, de 565 euros par mois, n’est en aucune façon un revenu décent, peu importe l’âge auquel il est perçu. S’il s’agit aujourd’hui d’en faire bénéficier celles et ceux qui en sont actuellement exclu-es, alors même que leurs situations sont urgentes, nous revendiquons, en plus de l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans, une revalorisation de son montant, ainsi que de vraies campagnes d’informations sur tout le territoire, afin de permettre aux ayants-droit de faire les démarches nécessaires à l’obtention de leur allocation et de lutter contre les non-recours.

Contact presse :
Claire Charlès : 07 60 36 38 29

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