#JusticePourJulie : il faut un âge minimum du consentement !

Communiqué de presse des effronté-es
13 novembre 2020

#JusticePourJulie
Il faut un âge minimum du consentement !

 

Une honte ! La cour d’appel des Yvelines a rejeté hier la requalification des viols que Julie a subis entre 2009 et 2011. Ces viols sont donc, à ce jour, juridiquement qualifiés d’atteintes sexuelles, ce qui suppose que Julie ait pu être consentante : nous rappelons qu’en 2009, au début des faits, elle n’avait que 14 ans ! 

Facteur aggravant, les pompiers ont profité de l’état de vulnérabilité dans laquelle se trouvait la petite fille, dont les crises d’angoisse à répétition nécessitaient de nombreuses interventions (130 en 2 ans). Un premier viol en réunion a lieu fin 2009. L’un des pompiers, 20 ans à l’époque, vient la chercher chez elle, prétextant une promenade, et profite de la confiance que lui accorde la famille de Julie. Il l’emmène finalement chez lui où se trouvent 2 autres pompiers, qui participent au viol de Julie. Après ce premier viol, il partagera le numéro et le profil Facebook de l’enfant à d’autres de ses collègues, et leur proposa d’avoir à leur tour des “relations sexuelles” avec elle.
Julie se trouve alors dans un état de vulnérabilité totale. Déscolarisée et en dépression depuis 2008, incapable de dire non, elle subira les assauts sexuels de 20 pompiers pendant 2 ans. La dépression s’accompagne de tentatives de suicides et de scarifications. Julie est suivie par des psychiatres qui lui donnent des médicaments hautement dosés. Cet état de dépression était connu d’au moins 3 des pompiers, aujourd’hui mis en cause, qui intervenaient régulièrement auprès d’elle dans le cadre de leur service : un pompier violera même un jour Julie alors qu’elle était hospitalisée en pédopsychiatrie.

Autant d’éléments qui sont les conséquences des traumatismes subis, puisque la dépression n’a fait qu’empirer avec les viols. Ils sont la preuve de l’absence manifeste de consentement, exprimée par une mineure de 14 ans. Pourtant, la justice fait la sourde oreille : en juillet 2019, le juge d’instruction décide de renvoyer 3 des pompiers devant le tribunal correctionnel de Versailles pour « atteinte sexuelle sur mineur ».

Qu’advient-il des 17 autres pompiers ? Le juge a abandonné les poursuites au prétexte que Julie leur aurait menti sur son âge : “elle ne faisait pas son âge” est pourtant un argument hypocrite, qui n’a d’autre but que de renvoyer la faute sur la victime. Le juge a également rejeté la circonstance de viol par personne ayant autorité, arguant que les secouristes avaient rencontré Julie en dehors de leur service. Pourtant, leur statut de pompiers leur a toujours conféré une autorité certaine auprès de Julie.
Malgré la mobilisation de sa famille, dont la pétition lancée en 2019 a recueilli près de 230 000 signatures, et des collectifs tels que Nous Toutes, la cour d’appel des Yvelines vient donc réaffirmer la non-reconnaissance des viols subis par Julie.

Nous demandons justice pour Julie, 25 ans aujourd’hui, marquée par de nombreuses tentatives de suicide, et handicapée à plus de 80% suite à une défenestration. Dix ans après les faits, elle peine à se reconstruire face à une justice qui lui refuse le droit d’être reconnue en tant que victime de viols sur mineur-e.

Nous demandons l’interdiction de la correctionnalisation des viols via leur déqualification en agressions sexuelles (80% des cas), et de la déqualification de tous les types de violences sexuelles.

Nous demandons la mise en place d’un âge minimum en deçà duquel un-e enfant ne peut être considéré-e comme consentant-e pour un rapport sexuel ou tout acte de nature sexuelle avec un adulte. Le président Macron s’y était non seulement engagé, se prononçant en faveur d’un minimum fixé à 15 ans, âge de la majorité sexuelle. C’est aussi une disposition de la convention d’Istanbul que la France a ratifiée en 2014, et qu’elle ne respecte toujours pas !
Presque tous nos voisins européens prévoient un âge légal minimum du consentement. L’Espagne l’a établi à 12 ans. Le Royaume-Uni, à 13 ans. L’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Italie et le Portugal, à 14 ans. Le Danemark à 15 ans. La Suisse et les Pays-Bas, à 16 ans. La France accuse encore et toujours un retard, perpétuant la culture du viol et la non-condamnation de la pédocriminalité !

Monsieur Macron, il est temps de tenir vos engagements et de respecter la convention d’Istanbul.

 

Contact presse :
Claire Charlès : 07 60 36 38 29

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