Remaniement Castex : Non à un énième gouvernement d’agresseurs et d’oppresseurs

 

Communiqué de presse des effronté-es
7 juillet 2020
Remaniement Castex :
Non à un énième gouvernement d’agresseurs et d’oppresseurs

 

La composition du gouvernement Castex a été révélée hier soir : au panel de nos (plus ou moins) nouveaux gouvernants figurent un homme accusé de viol, un défenseur des féminicides et des agressions sexuelles, et une cheffe d’entreprise capitaliste pour qui les hommes ne doivent pas se “sentir gênés”.

Gérald Darmanin est actuellement visé par des accusations de viol, harcèlement sexuel et abus de confiance suite à la plainte de Sophie Patterson-Spatz. Les faits remontent à 2009. Après un classement sans suite, le Cour de cassation a ordonné en novembre 2019 la réexamination par la Cour d’appel de la validité du non-lieu. En juin 2020, la Cour d’appel ordonne la reprise des investigations. Élément à charge : au cours de l’enquête préliminaire, aucune confrontation n’a eu lieu entre la plaignante et son violeur présumé. « Nous espérons avoir désormais une vraie information judiciaire, qui examinera sérieusement les éléments du dossier », ont commenté Elodie Tuaillon-Hibon et Marjolaine Vignola, les deux avocates de la plaignante. 

Une deuxième femme a porté plainte contre Gérald Darmanin pour abus de faiblesse. A l’instar de la première plaignante, elle témoigne de faveurs sexuelles exigées par Gérald Darmanin, ici en échange d’un logement alors que l’accusé était maire de Tourcoing. Cette plainte a été classée sans suite en 2018. 

Gérald Darmanin est aujourd’hui notre ministre de l’Intérieur. 

Si la présomption d’innocence nous empêche pour l’heure de le condamner clairement, nous soutenons les avocates dans leurs démarches et, aux plaignantes, nous répétons encore ce mot d’ordre : “nous vous croyons”. La présomption d’innocence ne doit pas permettre à un homme accusé de viol d’accéder à une fonction publique, quelle qu’elle soit. 

Eric Dupond-Moretti a, en tant qu’avocat, obtenu l’acquittement de plusieurs hommes accusés du meurtre de leur femme, l’acquittement de Georges Tron accusé de viols en réunion, ou encore la relaxe de Karim Benzema pour “sollicitation de prostituée mineure”. Au cours du procès Tron, Eric Dupond-Moretti s’est violemment attaqué aux deux plaignantes, aux associations féministes et aux femmes. Il se permet de juger les plaignantes “incohérentes”, “manipulatrices”, considère qu’elles “y vont pour le pécho” et avoue que lui-même “sauterait bien à la gorge” de certaines femmes trop revendicatrices. 

Toujours au sujet de l’affaire Georges Tron, Eric Dupond-Moretti commente : “Cette affaire commence avec DSK et se termine avec #MeToo. Que la parole de la femme se libère, c’est parfait. Mais le réceptacle de cette parole, ce n’est ni les médias ni les réseaux sociaux, ce doit être la justice. » Or les plaidoiries, positions et prises de paroles publiques d’Eric Dupond-Moretti sont bel et bien le visage de la justice française : agressive, misogyne, sexiste, et qui défend encore et encore le droit des hommes à disposer comme bon leur semble du corps des femmes. 

Eric Dupond-Moretti est aujourd’hui notre garde des Sceaux. 

Elisabeth Moreno est femme d’affaires et dirigeante de grandes entreprises. Dans un entretien accordé à Ionis Mag en 2018, elle détourne la lutte contre le sexisme en prenant la défense non pas des femmes, mais des hommes : “Je ne veux surtout pas que les hommes se sentent gênés, car ils auraient le sentiment qu’il n’y en a que pour les femmes ! Les blagues à la machine à café sont très importantes, car il ne faut pas qu’on se sente verrouillé et qu’on ne puisse plus s’exprimer.”

Dans la même interview, au sujet du climat sexiste du monde professionnel dans lequel elle baigne depuis le début de sa carrière, elle affirme : “En ai-je souffert ? Non, parce que je ne me suis jamais laissée faire. Je n’ai pas un caractère à baisser la tête et exécuter.” Pourtant, les seuls cas judiciaires impliquant Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti nous confirment que oui, le sexisme systémique génère des souffrances répétées, et que non, les combattre n’est ni évident, ni facile. Par ailleurs, élever les femmes et les minorités sexuelles au rang de combattantes sans états d’âme (stéréotype dans lequel la société enferme les hommes) n’est pas la solution. 

Elisabeth Moreno est aujourd’hui notre ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, à la diversité et à l’égalité des chances

Emmanuel Macron et Jean Castex se montrent à la fois responsables et complices d’un sexisme systémique et, par la nomination de ce gouvernement, exercent encore et toujours une autorité patriarcale, oppressive et aveugle. La nomination d’un homme accusé de viol et d’un masculiniste notoire, à deux ministères fondamentaux dans le parcours des victimes de violences sexistes et sexuelles, porte une symbolique extrêmement violente et inacceptable.

Nous réclamons la démission de Gérald Darmanin et d’Eric Dupond-Moretti

 

Contacts presse :
Pauline Parent : 06 65 77 35 83
Claire Charlès : 07 60 36 38 29

 

 

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