CP: Affaire Lechevalier : L’injure publique sexiste n’a pas droit de cité !

Communiqué des effronté-es

Affaire Lechevalier : L’injure publique à caractère sexiste et la culture du viol n’ont pas droit de cité !


Octobre 2017, peu après “l’affaire Weinstein”, un élu du Rassemblement National, Christian Lechevalier, retweetait une photo de l’actrice Clotilde Courau en robe, légendée d’un #BalanceTaPétasse, y ajoutant son propre commentaire “prude jeune fille, prête à signer un contrat dans la chambre de Walstein [SIC]”. Il tweetait aussi les photos d’autres actrices, les qualifiant de “charmantes ingénues, prêtes à rejoindre #Weinstein, ds sa chambre… et à s’étonner”.

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Face aux indignations exprimées sur la toile, il ajoutait : “Quelle différence ? – Dénoncer 1 juif par courrier anonyme à la Kommandatur – Jeter 1 mec à la vindicte par tweet ss pseudo ?”

Les effronté-es Rennes ont déposé plainte contre X. Nous nous réjouissons que cette plainte ait donné lieu à l’ouverture d’une enquête ! Christian Lechevalier a reconnu être l’auteur de ces tweets, qui, à notre connaissance, n’ont donné lieu à aucune sanction de son organisation politique. Il persiste et signe, décrivant un milieu du cinéma où les femmes se vêtiraient légèrement et se plaindraient ensuite d’agissements sexistes. Par ces tweets et ces propos, Christian Lechevalier illustre l’étendue de la culture du viol banalisée dans notre société en perpétuant le mythe de celle qui “l’a bien cherché”, l’inversion de la charge et de la culpabilité. Quant à la comparaison avec la dénonciation des juifs pendant la Seconde Guerre, elle est aussi ignoble que grotesque.

Les effronté-es réaffirment leur indignation face à ces propos publics. Rappelons que l’injure publique est un délit, et que le caractère sexiste constitue une circonstance aggravante passible d’un an de prison et 45 000 euros d’amende. De même, est passible de la même peine, l’incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison, entre autres, de leur sexe.

Toute manifestation de ce sexisme haineux est à condamner, à fortiori lorsqu’il est propagé par un représentant politique tenu à l’exemplarité, même si les effronté-es ne considèrent évidemment pas le Rassemblement National comme un parti républicain comme les autres.

Les effronté-es rappellent pour finir que les femmes ne sont jamais responsables des agissements sexistes dont elles sont victimes, propos, agressions ou viols. En France, un viol est commis sur une femme adulte toutes les 7 minutes. Une femme sur 10 sera violée au cours de sa vie. Une femme sur 5 a subi ou subira une agression sexuelle. Une femme sur 3 subit le harcèlement sexuel au travail. 100% des femmes ont déjà subi le harcèlement sexiste dans les transports en commun.


PS: Le 20 avril dernier, Samia Ghali, sénatrice socialiste, a porté plainte contre Stéphane Ravier, sénateur RN, pour injure publique sexiste : ce dernier a lors d’un débat public décrit Samia Ghali comme “la sénatrice de Marseille madame Samia G., (…) le point G de Marseille”. Les effronté-es assurent Mme Ghali de leur soutien. Ce triste sire n’en est pas à son coup d’essai: une élue EELV avait déjà porté plainte contre lui pour injure publique sexiste, il y a deux mois.

Ces plaintes montrent que les choses changent : #MeToo a libéré notre parole. Le mépris des femmes, leur sexualisation et leur réification appartiendront un jour au passé. Les agresseurs et haineux qui rient aujourd’hui, disparaîtront demain, engloutis par le tsunami de la révolte des femmes.

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