CP: VICTOIRE ! Denis Baupin débouté : le procès de la honte s’est retourné contre lui !

Communiqué des effronté-es / 19 avril 2019

VICTOIRE !

Denis Baupin débouté :

le procès de la honte s’est retourné contre lui !

 

Après avoir vécu 3 ans affublées du statut de mises en examen, les victimes de Denis Baupin, comme nous assumons de les appeler, ont été relaxées ! Les effronté-es expriment toute leur sororité à celles qui ont été ignominieusement trainées sur le banc des prévenu·es par celui qui aura été leur bourreau jusqu’au bout. Nous les avons vues lors du procès, entre larmes, étreintes, force et sourire, puiser leur énergie dans une source qui n’appartient décidément qu’aux héroïnes.

Denis Baupin a quant à lui été débouté de ses demandes d’indemnités, il avait réclamé 50 000 euros de dommages et intérêts !

Pour rappel, plusieurs membres d’Europe Écologie Les Verts ont accusé l’ex Député Denis Baupin de diverses violences sexuelles via des articles publiés sur Mediapart et France Inter. L’affaire a finalement été classée sans suite pour prescription, mais le parquet a reconnu que les accusations étaient “mesurées, constantes et corroborées par des témoignages” et que les faits étaient “susceptibles d’être qualifiés pénalement”. Qu’à cela ne tienne, Denis Baupin a quand même porté plainte contre elles pour dénonciation calomnieuse et contre deux journalistes pour diffamation.

Le procès deviendra très vite l’occasion pour les victimes de raconter devant la justice tout ce qu’elles ont subi de la part de Denis Baupin, qui ne se déplacera même pas au tribunal où il voulait «laver son honneur». Sa lâcheté ne fera que faire briller d’autant plus le courage des « accusées » qui avaient l’aplomb de plaignantes. Sandrine Rousseau, Annie Lahmer, Elen Debost, Isabelle Attard et Cécile Duflot, entre autres, parleront des SMS salaces, des gestes déplacés, des deux mains sur les seins, du pied coincé dans la porte, de ces faits étalés sur une période de plus de vingt ans. Première victoire : La procureure réclamera leur relaxe quelques jours plus tard !

Les effronté-es en sont persuadées, l’histoire de nos luttes féministes restera marquée par cette affaire, notamment dans les environnements les plus favorables à l’omerta, comme les partis où les prédateurs jouissent de la loi du silence et de la solidarité militante pour assurer leur impunité. Depuis, nous avons entendu d’innombrables militantes témoigner d’affaires couvertes et du silence de ceux qui savaient. Plusieurs autres affaires ont éclaté à l’Unef, au MJS, au PCF, à la France Insoumise, près d’une décennie après la médiatisation de l’affaire DSK. Nafissatou Diallo et Tristane Banon avaient alors été jetées en pâture, globalement peu crues, et la question des violences sexuelles au PS passée sous silence. Sans oublier en 2015, affaire du Carlton, les courageux témoignages d’ex-prostituées, qui ont subi le même traitement.

Nous espérons que ce procès engagera les journalistes à ne jamais reculer face à la peur d’être attaqué·es en diffamation, que cette jurisprudence découragera les agresseurs de se lancer dans ces procédures pour intimider leurs victimes, et que les partis cesseront de se targuer d’être féministes en se contentant de brandir un programme ou des principes de parité.

Nous espérons aussi que ce verdict provoquera une remise en question profonde du rapport qu’a la France aux violences sexuelles et sexistes, et aux backlash qu’on y inflige aux victimes. Dans plusieurs pays, #BalanceTonPorc a provoqué l’ouverture d’enquêtes et des dizaines de démissions. Aux États-Unis, les deux médias qui ont publié l’affaire Weinstein ont été récompensés par le prix Pulitzer. En France, Frédéric Haziza, Luc Besson, Pierre Joxe, Nicolas Hulot et Gérald Darmanin ne sont quasiment en rien inquiétés par celles qui les accusent. Le dernier a même été ovationné à l’Assemblée ! Les plaignantes ont été dénigrées, leurs personnalités critiquées, leurs mœurs scannés, les faits minimisés et on les a renvoyé à des procédures judiciaires longues, humiliantes et coûteuses.

S’il ne fallait que deux procès pour affirmer l’analyse des effronté-es, notons que lorsqu’une femme accuse plusieurs hommes de l’avoir violée, affaire 36 quai des Orfèvres, on tente de l’accabler en la dépeignant en séductrice, et que quand on un homme est accusé d’avoir agressé plusieurs femmes, affaire Baupin, on tente de le défendre en le dépeignant en séducteur.

 

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