CP: Denis Baupin : Le procès de la honte !

Communiqué de presse des effronté-es / 4 février 2019

Denis Baupin : Le procès de la honte !

 

Les effronté-es sont indignées par le spectacle cynique et cruel du procès qui a lieu cette semaine devant la 17e chambre correctionnelle au tribunal de Paris.

Accusé par plusieurs femmes d’agressions sexuelles, de harcèlement sexuel et de tentative d’agression sexuelle, Denis Baupin intente un procès en diffamation à l’encontre de 4 journalistes et de 8 de ses accusatrices. L’issue risque hélas, par effet d’intimidation, de mettre un terme cinglant au mouvement qui a brisé l’omerta dans les lieux de pouvoir sur les violences sexuelles et sexistes.

Pour rappel, en 2016, huit écologistes ont publiquement accusé Denis Baupin de diverses formes de violences sexuelles. Quatre sont allées au bout de la procédure en portant plainte. Cécile Duflot a également témoigné auprès de la police de faits d’agression sexuelle. Trois semaines plus tard, cinq nouveaux témoignages étaient publiés sur Médiapart et France Inter. Alors vice-président de l’Assemblée nationale, Denis Baupin a dû démissionner. L’affaire a créé une onde de choc dans toute la classe politique, lançant des dizaines d’initiatives contre la loi du silence et le sexisme en politique.

Hélas, Denis Baupin n’a jamais été poursuivi, l’affaire ayant été classée sans suite pour cause de prescription, alors même que selon le parquet « les faits dénoncés, aux termes de déclarations mesurées, constantes et corroborées par des témoignages, sont pour certains d’entre eux susceptibles d’être qualifiés pénalement. » Heureusement, les féministes ont entre-temps obtenu le doublement des délais de prescription, même si nous sommes quotidiennement confrontées à des classements sans suite aberrants suite aux plaintes que déposent des femmes contre d’odieuses violences.

Les effronté-es dénoncent ce douloureux mais classique retour de flammes et inversement des rôles. Après avoir privé les victimes de procès, on leur inflige aujourd’hui de devoir se justifier d’avoir osé briser le silence. Nous les remercions du rôle historique qu’elles ont joué pour des milliers de femmes. Elles s’appellent Isabelle Attard, Sandrine Rousseau, Elen Debost, Annie Lahmer, Geneviève Zdrojewski et Laurence Mermet. L’Histoire retiendra leurs noms dans ses pages les plus glorieuses. Leur courage n’a d’égales que les résistances coriaces qu’opposent nos sociétés à la dénonciation des violences masculines, garantissant ainsi l’impunité des agresseurs.

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