CP: Attentat de Toronto Pas un fait divers: un féminicide !

Communiqué des effronté·es – 25 avril 2018

Attentat de Toronto
Pas un fait divers: un féminicide !

Hier, 24 avril 2018, Alek Minassian a tué 10 piéton·nes et en a blessé 14 à Toronto au volant d’une camionnette. Les victimes sont majoritairement des femmes. Pour l’instant, le tueur présumé est inculpé pour meurtres avec préméditation, or plusieurs éléments de l’enquête mettent en lumière la piste d’un tueur misogyne.

En effet, Alek Minassian a publié sur facebook le post : « la rébellion des incel a déjà commencé. Nous allons renverser les Chads et les Stacys ! Tous saluent le Suprême Gentleman Elliot Rodger ! ».

Un post pas si énigmatique qu’il n’en a l’air, puisqu’il trahit une appartenance à l’idéologie masculiniste. « Incel » est le nom que se donne explicitement une communauté d’hommes qui dénigrent les femmes avec tous les poncifs misogynes faisant d’elles des manipulatrices et des « salopes », et veulent punir celles qui ne souhaitent pas sortir ou coucher avec eux. Dans ce jargon, les Chads désignent les hommes qui ont du succès et les Stacys les femmes. Quant à Elliot Rodger, c’est l’auteur de la tuerie d’Isla Vista, en Californie, motivée par sa haine des femmes, disait-il dans une vidéo publiée avant le drame.

Appelons un chat un chat. Quand un assassin vise sciemment une catégorie de personnes, en l’occurrence les femmes, il s’agit bien d’un acte idéologique, un féminicide motivé par la haine des femmes. Cette idéologie porte un nom, le masculinisme, un idéal de société conspuant les acquis en matière de droits des femmes et voulant restaurer un ordre social patriarcal.

Le féminicide est la traduction paroxysmique de tout un continuum, que ce soient des assassinats collectifs ou individuels, des attaques à l’acide, des viols punitifs, des meurtres conjugaux notamment quand les femmes décident de quitter leurs conjoints. Il s’agit toujours de punir leur décision d’avoir dit NON.

Les effronté·es espèrent qu’une enquête sera menée pour éclairer la motivation du criminel présumé. Si le mobile masculiniste est vérifié, nous réclamons que soit juridiquement reconnue une circonstance aggravante comme c’est le cas dans certains pays, en Bolivie, en Argentine, au Chili, au Costa Rica, en Colombie, au Salvador, au Guatemala, au Mexique et au Pérou. Il s’agira de punir en tant que tel ces assassinats. Les effronté-es invitent aussi à s’interroger sur la qualification de l’évènement: quand pour des raisons idéologiques, on cible une catégorie de personnes et on les tue pour terroriser les autres, il y a de quoi conserver le terme terroriste pour désigner l’évènement.

Pour finir, les effronté·es souhaitent que le traitement médiatique ne présente pas le coupable comme quelqu’un souffrant de malaises, de problèmes psychologiques ou de préjugés personnels. Certes, les passages à l’acte de l’idéologie au crime peuvent concerner plutôt des personnes souffrant de troubles, mais cela n’enlève rien à leur motivation et à l’idéologie de référence. Les féminicides doivent être pris au sérieux comme un phénomène politique. Souvenons-nous qu’il y a 28 ans a eu lieu, le 6 décembre 1989, le massacre de 14 étudiantes de l’école polytechnique de Montréal par Marc Lépine qui avait expliqué son geste : «J’ai décidé d’envoyer Ad Patres les féministes qui m’ont toujours gâché la vie.»

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