Vous connaissez « PLiM » ?

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Par Charline Philippe – Co-référente « santé » au bureau des effronté-e-s

Les Effrontées sont heureuses de vous présenter leurs nouvelles copines : LES PLIMETTES !

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Qui sont les PLIMETTES ?

Les PLIMETTES sont des femmes qui ont décidé d’améliorer notre quotidien en créant les plim, des protège-slips et des serviettes lavables en coton bio, fabriquées en France.

L’histoire commence en 2005, lors d’un voyage aux États-Unis. Capucine Mercier, fondatrice de PLiM, rencontre Luci, une amérindienne qui lui fait découvrir une autre vision des femmes et de leur rapport à leurs corps. Dans sa culture, le sang menstruel doit être respecté et n’est pas considéré comme un déchet. Pas de plastique pour Luci ! Elle coud elle-même ses serviettes. Les atouts des protections réutilisables étaient tels que Capucine a décidé de les faire partager à toutes les femmes.

c’est ainsi que PLiM et les plim sont nées ! La serviette hygiénique plim lavable en coton bio certifié GOTS : une solution bien-être, écologique et économique pour toutes les femmes.

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Pourquoi ce sont nos copines ?

PLiM a une finalité aussi bien sociale qu’environnementale. Après les récentes découvertes inquiétantes concernant les tampons et les serviettes plastiques toxiques, nous saluons tout projet qui vise à mieux respecter l’intimité des femmes et à améliorer leur rapport à leurs règles et à leur corps.

PLiM est une initiative sociale qui utilise des méthodes de management et de production éthiques, innovantes et écologiques : gouvernance participative, redistribution des richesses aux salarié-es, développement et production locale, politique zéro déchet, dons aux associations…

La suite ?

Bientôt, des actions des effronté-e-s auprès de femmes précaire et une interview filmée de Capucine Mercier vous permettront d’en savoir plus sur l’entreprenariat social et son engagement pour notre intimité !

Pour les rencontrer, rendez-vous au salon Marjolaine du 4 au 12 novembre au parc floral de Paris.

Psssst pour aller voir leur site c’est par ici www.plim.fr

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De drôle de règles !

Adorées et abhorrées, célébrées et silenciées, parlons peu, parlons bien, parlons des règles ! Ce tabou ambigu dans la société patriarcale dans laquelle on évolue.  Si on les a, il faut les cacher. Si on ne les a pas, on est une exclue. Associées à la douleur et à la fécondité, c’est surtout une source féconde en mythes et en fantasmes farfelus.

Tabou malodorant, envahissant, handicapant, dégoûtant ? Bien des croyances patriarcales ont découlé des règles :

  • Pendant la préhistoire, les femmes auraient été interdites de chasses, car on ne verse pas le sang deux fois
  • Les femmes seraient des êtres faibles, tombant toujours malades, car humides et froides. Elles seraient de nature passives car elles ne savent pas retenir leur sang, tandis que les hommes, secs et chauds seraient des êtres plus vigoureux car ils savent garder le sang au chaud en eux
  • Les femmes réglées provoqueraient des fausses couches chez les femmes enceintes
  • Elles rendraient stériles les autres personnes… et les arbres
  • Elles feraient tourner la mayonnaise, le vin ou le miel, et gâteraient les confitures
  • Elles empêcheraient de faire monter les œufs en neige, de même pour les pâtisseries et les crèmes
  • Elles feraient rouiller le fer, le bronze et l’acier
  • Elles empêcheraient les couteaux de couper
  • Elles feraient enrager les chiens
  • Et enfin, elles rendraient fous les hommes ^^

Jusqu’à la fin de la Renaissance, certains médecins affirmaient que les règles étaient le poison le plus puissant qui existe. Au 19ème siècle, en Anjou, on faisait traverser les champs aux femmes réglées afin de détruire les nuisibles, parasites et champignons.

Les Anglais parlent de curse (malédiction). Au Népal, les hindous isolent les femmes quand elles ont leurs règles afin de ne pas contaminer leur communauté par leur impureté. Les Juifs Orthodoxes leur imposent de prendre un bain de purification à l’issue de leurs règles. En Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de se laver pendant cette période car cela les rendrait stériles. D’après l’UNICEF, les règles sont l’un des premiers facteurs de déscolarisation des filles. En Afrique, 1 fille sur 10 ne va pas à l’école pendant cette période.

Bref, les règles participent à un puissant et complexe système de valeurs opposant de façon binaire le pur et l’impur, le rationnel et l’irrationnelle, les hommes et les femmes ! Encore aujourd’hui, on peut entendre à propos d’une femme qui s’énerve et qui désapprouve : « elle a ses règles ou quoi ? »

Beaucoup considèrent qu’une femme qui ne se sent pas bien une semaine par mois ne mérite pas d’être à un poste à responsabilité pour lequel il faut faire preuve de jugement… et de sang-froid. Certains pensent également qu’une femme ne peut être aussi bien payée qu’un homme qui serait opérationnel, lui, 7 jours sur 7.

Paradoxalement, malgré tous ces mythes dévalorisants, les femmes réglées et fertiles sont en phase avec la société patriarcale. C’est l’indice qu’une jeune fille est bonne à marier, qu’elle a un rôle social et productif pour la communauté, qu’elle n’est plus une enfant à charge. Cependant, c’est aussi à partir de la puberté qu’elles deviennent impures dans la société, et c’est à la ménopause, qu’elles récupèrent un statut quasi masculin, qu’elles redeviennent des sages. Entre temps, entre l’enfance et la vieillesse, tant qu’elles sont réglées, les femmes sont plutôt considérées comme « mal-réglées », un peu folles et hystériques, inconstantes et caractérielles comme un flot de sang chaud.

Paris Demonstration  for reduced taxes on tampons and women's sanitary products.

Les règles sont déconsidérées par la société car ce serait un sujet de bonnes femmes, gênant, qui dérange et qui incommode. C’est dire comment certains députés ont rougi de confusion quand le sujet a débarqué à l’assemblée nationale avec l’histoire de la taxe tampon qui voulait faire des protections hygiéniques, un produit de première nécessité. Le collectif Georgette Sand avait adressé en 2015 à Michel Sapin, alors ministre des finances, une pétition pour baisser la TVA sur les produits hygiéniques, de 20% à 5,5%, comme pour d’autres produits de première nécessité, tels que l’eau, les produits alimentaires ou les préservatifs. Car avoir ses règles, pour la grande majorité des femmes, ce n’est pas optionnel ! La pétition a recueilli plus de 17000 signatures. Depuis le 1er janvier 2016, les tampons et serviettes hygiéniques sont reconnues comme produits de première nécessité et la TVA appliqué sur ces produits d’hygiène féminine est désormais de 5,5%. Cependant, les fabricants n’ont pas tous répercuté cette baisse de la TVA sur les prix, et cette avancée n’a pas été médiatisée.

D’autres sujets liés aux règles sont déconsidérés. Ex: l’endométriose, le syndrome prémenstruel, ou des douleurs survenant lors de la ménopause, qui sont souvent qualifiées de maladies imaginaires.

Pour la plupart des filles fraichement pubères, c’est la loi de la débrouillardise pour apprendre à utiliser des protections hygiéniques ! Les premières informations que l’on trouve sur le sujet, via les moteurs de recherche, sont des sites sponsorisés de marques qui vendent des produits toujours plus discrets, invisibilisant les règles, et à propriétés désodorisantes. Tout est fait pour que les filles et les femmes haïssent leurs règles.

De plus, la composition des protections jetables, quotidiennement au contact voire à l’intérieur du corps, n’est pas communiquée par les fabricants. Des substances comme le glyphosate, les dioxines et le chlore ont été découvertes lors d’analyses effectuées sur ces produits hygiéniques. Elles pourraient être à l’origine de l’augmentation du syndrome du choc toxique ou de perturbations endocriniennes. En 2016, Mélanie Doerflinger a décidé de lancer l’alerte suite au témoignage de Lauren Wasser qui a perdu une jambe à cause du syndrome du choc toxique, provoqué par un simple tampon ! Sa pétition auprès des fabricants (notamment Tampax) a recueillie plus de 260 000  signataires !

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