CP: LALLAB > Laissez les féminismes s’exprimer !

Communiqué de presse des effronté-e-s

LAISSEZ LES FÉMINISMES S’EXPRIMER !

 

Les effronté-e-s apportent leur soutien à l’association Lallab et s’alarment qu’en l’espace de trois mois, deux polémiques lancées par des organisations proches de l’extrême-droite soient arrivées à faire réagir dans leur sens la Maire de Paris, Anne Hidalgo, et aujourd’hui le Service civique.

En mai dernier, Anne Hidalgo avait demandé l’interdiction du festival afroféministe Nyansapo suite à un communiqué du Front national. Heureusement, elle avait rétropédalé grâce à la solidarité de plusieurs associations féministes, qu’elles soient proches ou non de l’afro-féminisme. Aujourd’hui, c’est à Lallab qu’on s’en prend au moment où elle allait bénéficier de trois services civiques, suite aux protestations sur Twitter de comptes majoritairement liés à la fachosphère. Nous espérons que le Service civique rétropédalera à son tour !

Tenons-nous le pour dit, une bonne fois pour toutes : les différents courants féministes ne sont pas d’accord sur tout. L’important étant qu’ils échangent, discutent et se montrent solidaires contre leurs ennemis. Le féminisme compte parmi ses nombreuses sensibilités un courant libéral, marxiste, radical, anarchiste, intersectionnel, théologique, et certaines associations sont influencées par des thèses puisées dans plusieurs de ces courants. Le seul « féminisme » dont nous nous désolidariserons toujours et par principe, c’est celui qui tourne au racisme !

Premier constat : on vous le confirme, le racisme se développe au nom du féminisme, et notre messagerie privée en témoigne tous les jours. Aucune empathie n’y est exprimée pour les femmes si elles portent le voile, par exemple, et certain-es se réjouissent des arrêtés anti-burkinis qui avaient vu des femmes en tuniques par la police sur une plage sous les applaudissements, et sommées de se dévêtir. Heureusement, le Conseil d’État avait invalidé ces arrêtés.

Secundo : Lallab représente une mouvance qui veut, à l’intérieur de la religion musulmane, de leur point de vue de croyantes pour la plupart, convaincre de l’illégitimité des violences masculines et du Patriarcat. On n’est pas d’accord sur tout, mais on considère que ce courant est respectable et légitime. Certain-es reprochent à Lallab d’afficher un désaccord avec la loi de 2004 ? Mais on a le droit, en France, de réclamer l’abrogation de telle loi ou de soutenir tel autre projet de loi. Les effronté-e-s sont d’autant plus à l’aise pour en parler qu’elles sont pour la loi de 2004, mais contre toute interdiction du voile à l’université ou dans l’espace public. Mais on ne peut absolument pas faire un procès en obscurantisme à propos d’une revendication qui compte parmi ses soutiens des intellectuelles progressistes et féministes, comme Christine Delphy.

On reproche aussi à Lallab d’utiliser l’expression « féminisme blanc », ce qui serait du racisme anti-blancs. Le racisme anti-blanc, comme le sexisme anti-hommes, n’a aucune réalité structurelle, ni économique, ni politique, ni sociale ou hégémonique. Le sexisme et le racisme sont des systèmes dominants qui organisent l’exploitation et génèrent violences et discriminations envers des catégories de personnes bien définies. Allez dans n’importe quelle grande entreprise, regardez le profil de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie et de la personne qui traverse les couloirs pour nettoyer, et vous comprendrez. Alors oui, elles ont le droit de repousser des associations dont la grande majorité des membres ne sont pas confrontées au racisme, ce qui ne leur donne pas les moyens d’analyser ce que vivent les femmes victimes de racisme et d’exclusion sociale. Hélas, ces femmes racisées vont aussi subir le machisme dans les mouvements antiracistes, très masculins. Raisons pour lesquelles elles créent des espaces de militantisme où leurs témoignages et leurs expériences sont considérés et peuvent être élaborés.

Pour finir, le mouvement féministe doit permettre à toutes les femmes d’exprimer leur propre compréhension de l’oppression et leur vision de leur libération. De ce fait, les féministes croyantes qui luttent dans des environnements où la religion est un référent majeur, doivent pouvoir rendre audibles leurs revendications et une parole subversive, en réclamant par exemple des mosquées inclusives ou des façons de croire anti-patriarcales.

Qui sommes-nous pour les en empêcher ?

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