Festival d’Avignon : le coup de cœur des effronté-e-s

 

Festival d’Avignon : le coup de cœur des effronté-e-s

Mon Olympe

« Non mais ce n’est pas grave ce que je fais, je pratique le féminisme »

Mais alors, pourquoi faut-il toujours se justifier quand on emploie ce mot ? Doit-on avoir honte de déclarer que l’on est féministe ? Est-ce que ce mot est encore valable aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’être une femme ?

Cinq étudiantes, Marie, Lucie, Jeanne, Louise et Simone ont pour habitude de se réunir tous les jeudis soir dans un parc pour discuter ensemble de la place des femmes dans la société. Un évènement vient bouleverser le petit groupe de discussion : une émission de télé leur propose de venir débattre en plateau avec d’autres féministes sur le mouvement féministe aujourd’hui et la place de la jeune génération.

C’est une opportunité en or pour le petit groupe d’étudiantes pour se transformer enfin en un mouvement de plus grande ampleur. Sauf que voilà, l’annonce de l’évènement va bouleverser leur fonctionnement et leurs individualités au sein du groupe.

Leurs idées fusent et le débat est vif sur la façon dont chacune voit son rôle et son moyen d’expression. Elles racontent, chacune, leurs raisons et leur façon d’être féministes. Des questions et des différences représentatives du mouvement : le féminisme n’est pas une unité solidaire unique, mais un mouvement composé d’individus aux multiples facettes et aux multiples revendications. Mais alors comment être solidaires tout en respectant l’individualité de chacune ?

À force de débattre, elles en oublient l’heure et les voilà enfermées dans le parc toute la nuit. Leur discussion sur leur place des femmes dans la société se fait alors plus profonde : est-ce que c’est le fait d’avoir élevées « comme des filles » qui leur ôte tout « instinct de survie » dans ce parc ? Pourquoi sont-elles subitement prises de frayeur ? Si c’était un groupe d’hommes qui était enfermé, comment réagirait-il ? Ces hommes auraient-ils peur de la nuit, auraient-ils su mieux qu’elles se débrouiller pour faire du feu ? Leur « virilité » aurait-elle surmonté l’épisode ?

En France, on nous rabâche sans cesse notre chance d’être née ici et pas ailleurs dans le monde afin de désamorcer les revendications du mouvement féministe. Mais alors, pourquoi avons-nous toujours peur du noir, quand on est une femme ? Peut-être parce qu’aucune femme ne peut attester n’avoir jamais été victime de discrimination, et que 100% d’entre elles ont déjà été harcelées dans la rue. Peut-être parce que 83 000 femmes sont violées en France chaque année. Peut-être parce qu’une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon ou ex.

Alors oui, les femmes ont peur du noir, et oui, il faut continuer de se battre, car les acquis sont fragiles et l’égalité encore loin !

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne seront jamais acquis, vous devrez rester vigilantes votre vie durant. » Simone de Beauvoir

Nos copines de Mon Olympe nous font comprendre que l’urgence n’est pas tant de se réveiller, comme le disait Olympe de Gouges, mais de ne surtout pas s’endormir.

Les effronté-e-s sont ravies de promouvoir ce spectacle qui agit comme une piqûre de rappel, et surtout qui nous motive et nous donne de l’énergie pour continuer ou pour commencer la lutte.

Un grand bravo à Gabrielle Chalmont, Marie-Pierre Boutin, Claire Bouanich, Sarah Coulaud, Louise Fafa, Maud Martel et Delphine Musch pour leur performance au théâtre des Corps Saints à Avignon.

Et si vous n’avez pas encore eu l’occasion de les applaudir, elles nous feront le plaisir d’être sur Paris au mois de Novembre 2017 au théâtre Douze à Paris.

Par l’effrontée Charline Philippe

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s