CP : ET AU XXIe SIÈCLE ON MET ENCORE UN PRIX SUR LA VIRGINITÉ DES FEMMES !

Communiqué de presse des effronté-e-s / 13 avril 2017
les effrontées2 - copie
ET AU XXIe SIÈCLE
ON MET ENCORE UN PRIX
SUR LA VIRGINITÉ DES FEMMES !

En ce 13 avril 2017, un an jour pour jour après le vote de la Loi française d’abolition de la prostitution, les effronté-e-s expriment leur profond écœurement en voyant le modèle réglementariste allemand illustrer encore une fois son infini cynisme.

Nous connaissions déjà les bordels proposant des « menus » comprenant des open bars sur les femmes à volonté. En effet, face à la crise, tous les gardes-fous (soit-disant) prévus pour protéger les personnes prostituées sautent d’un coup comme une serrure de boite de pandore. Aujourd’hui, il s’agit du cas d’une jeune roumaine à peine majeure, âgée de 18 ans, Alexandra Khefren, qui a « vendu sa virginité aux enchères », un évènement, qui montre à quels points nos pas vers une civilisation moins violente, moins misogyne et plus humaine sont sans cesse entravés par la persistance du modèle patriarcal et d’un ultra-libéralisme sauvage et décomplexé.


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Encore une fois, c’est à la virginité des femmes qu’on donne un prix, comme ça l’a souvent été dans l’Histoire et comme ça l’est toujours dans une grande partie du Monde. Tu parles d’un recyclage ! Gageons que si on avait entendu parler d’une lointaine contrée où la virginité des femmes est vendue aux enchères, tout le monde aurait hurlé au scandale et à la barbarie. Mais quand il s’agit de nous, d’une mineure appelée Zahia offerte en cadeau d’anniversaire à un riche footballeur, d’escorts auxquels des hommes politiques font subir des « boucheries » au Carlton, de jeunes filles vierges en vente, les commentaires soulignent bien plus la cocasserie de la situation que son terrible cachet patriarcal.

Cessons de nous raconter des histoires. Le désir réciproque est une condition essentielle à une relation sexuelle non violente. C’est ce qu’on tente toutes et tous d’apprendre à nos enfants ou à nos élèves, en leur parlant de consentement, le vrai, celui qui ne s’achète pas, qui ne se négocie pas. Quiconque a été en situation d’intimité avec un-e partenaire sait bien, en l’absence de désir, que c’est une violence. C’est pourquoi nous expliquons aux femmes que dire NON ou changer d’avis juste avant un rapport sexuel, ce n’est pas être mijaurée, allumeuse ou cruelle envers un partenaire excité, c’est respecter sa propre intégrité et son droit. Le pire, c’est qu’on considère aujourd’hui cette affirmation arrachée à des siècles de droits de cuissage, comme passéiste et conservatrice. Ce qui serait moderne et novateur, ce serait de vendre des femmes sur catalogues, de faire de leur virginité une valeur ajoutée, d’organiser une première relation sexuelle comme un acte tarifé avec un inconnu et d’en faire un marché lucratif.

Rappelons que lors d’un premier rapport sexuel entre deux personnes consentantes et sans pression extrinsèque (chantage, coutume, paiement), une femme peut à tout moment arrêter et changer d’avis, parce qu’elle ne ressent finalement pas de désir, parce que ça fait mal, parce que ses muscles sont contractés, parce qu’elle veut encore attendre un peu… Et quand ça se passe sous contrat ? Si cet homme qui l’a acheté s’avère en plus désagréable, brutal, exigeant des pratiques dont elle ne veut pas ? Comment dira-t-elle NON à celui qui vient de débourser la coquette somme de 2,3 millions, qui lui sous-entendra qu’il pourrait faire marche-arrière si elle ne se plie pas à ce qu’il lui demande ? Que quand même, pour quelques millions, elle pourrait faire un effort ? « Pense à tes parents ! » a-t-on toujours dit aux femmes ! Et que se passe-t-il si son hymen a déjà été rompu, si elle n’en a pas, face à quelqu’un qui a justement signé un gros chèque pour la spécificité d’un rapport sexuel avec une vierge ?

Hélas, comme cet évènement vient de faire la démonstration de son hyper-lucrativité, le marché des vierges va à présent s’ouvrir pour appâter de nouveaux millionnaires sans scrupules. Les agences, alléchées par la commission de 20%, élaboreront des stratégies de rabattage pour trouver des (très) jeunes filles, puisqu’il faut s’assurer de l’état de leurs hymens, évidemment les plus vulnérables, les plus précaires, les moins entourées, celles qui sont en rupture familiale, car ce n’est pas n’importe quelle jeune fille qui est capable d’un tel geste.

Face à cela, les effronté-e-s, membres du collectif Abolition2012 continueront à promouvoir le modèle abolitionniste, et partagent le document de Coalition for the Abolition of Prostitution – CAP International, qui donne le contexte, les objectifs et explique le contenu de la loi !

Contact :

Fatima-Ezzahra Benomar – 06 75 86 61 31

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