ENCORE UN MOIS DE RÉCLUSION POUR JACQUELINE SAUVAGE

Communiqué de presse des effronté-e-s

ENCORE UN MOIS DE RÉCLUSION POUR JACQUELINE SAUVAGE

Les effronté-e-s prennent acte de la date annoncée par la cour d’appel de Paris concernant la possibilité d’une remise en liberté de Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari après 47 ans de violences conjugales. Le suspens arrivera à son terme le 24 novembre, veille de la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Espérons que ce soit de bonne augure.

N’en déplaise à certains commentateurs, Jacqueline Sauvage est effectivement devenue un symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes, du fait que la justice n’aie pas voulu prendre en compte les multiples facteurs du syndrome de la femme battue. Comme 85% d’entre elles, Jacqueline Sauvage n’avait pas quitté son conjoint violent et n’avait pas porté plainte contre lui. Quand on a été battue pendant des décennies dans l’indifférence générale et qu’on a été témoin dès le plus jeune âge de ces sortes de violences (sa mère était battue par son père) tout nous invite à minimiser notre situation. Quand on subit un régime de terreur au sein d’une famille où le mari viole ses filles et maltraite son fils, tout nous pousse à baisser les yeux. Quand on a un statut professionnel de conjointe collaboratrice qui nous rend dépendante financièrement d’un époux violent, rien ne nous encourage à le quitter, surtout dans un pays où les subventions accordées aux associations qui hébergent et accompagnent les victimes ne cessent de diminuer, politiques d’austérité oblige.

Pour un mois encore, au moins, Jacqueline Sauvage restera en prison. Pourtant, la cour d’assises de Blois avait reconnu que son acte n’avait pas été prémédité. Pourtant, une pétition spectaculaire l’avait assuré du soutien de l’opinion publique, dans un pays où 216 000 femmes sont victimes de violences conjugales, dont 122 sont mortes en 2015. Pourtant, la grâce présidentielle partielle lui avait été accordée, ainsi que les réquisitions favorables du parquet. Pourtant, le tribunal d’application des peines de Melun avait écarté tout risque de récidive. Cela ne l’a pas empêché de rejeter sa demande de libération conditionnelle en août dernier. Un véritable acharnement judiciaire !

Nous déplorons cette réplique triomphale et significative du tribunal d’application des peines qui vient d’annoncer que Jacqueline Sauvage « ne souhaite pas s’inscrire dans une association de femmes victimes de violence et ne semble pas vouloir être un symbole de la lutte des violences faites aux femmes ». Comme si le fait de s’investir, en tant que première concernée, dans une association de défense des femmes battues pouvait l’empêcher d’aller de l’avant. En vérité, nous avons affaire à tout une société qui refuse d’être mise face à ses responsabilités. Car oui, c’est un échec du système judiciaire de vivre dans une société où une femme est tuée tous les deux jours et demi sous les coups de son compagnon, où une victime est réduite à commettre l’irréparable pour survivre. Surtout quand l’État ne consacre que 0,05 % de son budget (221,2 millions d’euros) à l’égalité femmes-hommes, alors que les violences conjugales coûtent 2,5 milliards d’euros par an.

Les effronté-e-s attendent impatiemment la libération anticipée de Jacqueline Sauvage, et manifesteront le 25 novembre contre les violences faites aux femmes pour réclamer une loi cadre ambitieuse, le respect des mesures préconisées par la Convention d’Istanbul ratifiée par la France, un système éducatif qui assume sa mission de prévention contre les violences sexistes et surtout pour des moyens !

ACTION >>> « STOP FÉMINICIDES ! »

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>> Evènement facebook <<

Vendredi 25 novembre 2016, journée internationale contre les violences faites aux femmes. Participez à l’action « STOP FÉMINICIDES ! » avec les effronté-e-s et la street artiste BauBô.

Les effronté-e-s rendront hommage aux femmes tuées par leurs compagnons pendant l’année 2016 avec :

  • Des espaces où seront affichés les articles de presse sur les circonstances du féminicide et les « circonstances atténuantes » trouvées aux tueurs via des expressions comme « crime passionnel », « drame amoureux », « fait divers »
  • Un utérus géant qui pleure réalisé par la street artiste BauBô
  • Un rappel de la citation de Benoite Groult qui nous a quitté cette année « Le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours ! »

Les féminicides ne sont pas une fatalité. Une société peut décider de combattre les violences faites aux femmes avec de la volonté et des moyens:

  • + d’ordonnances de protection pour sauver les victimes, + de solutions d’hébergement d’urgene
  • + de formations aux commissariats pour accueillir leur parole
  • + d’éducation à l’égalité et contre le sexisme !

Infos pratiques !

  • Contact : leseffrontees@gmail.com
  • Date : vendredi 25 novembre 2016
  • Heure (début-fin) : 16h à 18h
  • Lieu : Place de la République à Paris

>> Evènement facebook <<

 

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