SOLIDARITÉ avec Ibtissame Lachgar, Ismaël Bakkar et M.A.L.I

Les effronté-e-s sont indignées par les témoignages d’Ibtissame Lachgar (cofondatrice du mouvement marocain M.A.L.I) et d’Ismaël Bakkar, militant-es qui ont subi 48h de garde à vue où tous leurs droits ont été bafoués : impossibilité de téléphoner ; conditions de détention dégradantes ; coups et insultes ; agression sexuelle ; impossibilité de boire ou de manger.

Ce jeudi 8 septembre à 1h du matin, Ibtissame et Ismaël ont été arrêté-es sur l’avenue Mohammed V à Rabat (Maroc). Après avoir vu deux jeunes enfants à la rue et avoir interpellé leur mère, la police les embarquera au Poste de police de Hassan (2ème arrondissement) suite au coup de fil d’un passant. Dans les heures qui suivront, des humiliations verbales et des insultes liées aux opinions politiques et laïques des militant-es fuseront, sans qu’on ne leur donne aucun motif d’arrestation.

L’un des policiers, prénommé Yassine, réclamera le sac d’Ibtissame et la montre et le téléphone d’Ismaël en assumant que c’était une escroquerie. Ismaël sera battu et giflé plusieurs fois par deux autres policiers qui arracheront sa montre. Suite au malaise de la victime, Yassine déchirera sa propre chemise et se roulera par terre pour simuler une confrontation avec Ismaël, qui sera jeté en cellule. Il y rencontrera un détenu enfermé pour avoir défiguré des femmes au rasoir. Ce dernier identifiera et traitera le militant de mécréant en le menaçant de mort avec une arme blanche.

Quelques heures plus tard, quand le téléphone d’Ibtissame, caché dans ses sous-vêtements, sonnera, trois policiers l’allongeront de force sur un bureau tandis que l’un d’eux soulèvera sa robe, lui assènera un coup à la mâchoire et fouillera sa culotte en la traitant de « pute ».

Le surlendemain, samedi 10 septembre, les deux militant-es seront conduit-es au tribunal puis relâché-es, sans pouvoir récupérer leurs téléphones contrairement aux autres gardés en vue. Le juge d’instruction refusera de noter les violences subies malgré l’insistance de leur avocate Me El Gallaf.

Les effronté-e-s soutiennent les revendications de M.A.L.I (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) qui dénonce cette arrestation arbitraire, l’état des geôles, les conditions de détention, les traitements inhumains, les violences physiques, l’agression sexuelle et les violations des droits humains dont ont été victimes Ibtissame et Ismaël.

Nous exprimons à la fois notre colère contre tant de violences et notre solidarité avec notre amie Ibtissame Lachgar, une militante internationaliste qui a toujours été en lien avec le mouvement féministe français et qui a souvent soutenu ses actions. Elle avait entre autres participé à notre vidéo de soutien à Jacqueline Sauvage, et nous la rencontrons très souvent sur le terrain de nos luttes en France, en manifestations, en colloques ou en actions.

Les effronté-e-s dénoncent plus généralement les dures représailles politiques que subissent les militant-es en faveur des droits humains, notamment les droits sexuels et reproductifs des femmes ou des homosexuel-les, au Maroc comme dans beaucoup de pays dans le monde.

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