Affaire Baupin : Rassemblement mercredi 11 mai à 18H30 en face de l’Assemblée Nationale

Claire Poursin, membre du bureau des effronté-e-s, référente « Violences faites aux femmes »

Comment lutter contre les violences faites aux femmes dans une société où ceux qui nous représentent sont les premiers à faire du tort à cette cause ?

Nous ne nous intéressons pas seulement, ici, au cas de Denis Baupin, mais bien à l’ensemble des actes que subissent les femmes dans tous les milieux et en toutes circonstances, et que cette affaire met en exergue : gestes mal placés considérés banals, mains baladeuses se travestissant en petits gestes « amicaux », langage sexué et sexiste repeint en « blagounette », jusqu’au harcèlement et à l’agression où se mêlent domination hiérarchique et masculine.

Dans cette affaire, on fait aussi face au cumul de plusieurs systèmes de violences : harcèlement au travail, sexisme, abus de position de pouvoir…

Les effronté-e-s disent STOP au harcèlement et au sexisme ordinaire. Les violences faites aux femmes se combattent tous les jours. Merci à ces femmes qui ont eu le courage de témoigner, quand tout les incitait à se taire !

Pour toutes ces raisons, les effronté-e-s appellent à ce rassemblement unitaire :

Contre l’impunité, contre la loi du silence :

Rassemblement mercredi 11 mai à 18H30 en face de l’Assemblée nationale

Lundi 9 mai, une enquête parue sur France Inter et Mediapart a révélé des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles, perpétrés par Denis Baupin, député et vice-président de l’Assemblée Nationale. Grâce au courage des victimes qui ont osé témoigner, Denis Baupin a été poussé à la démission de son poste de vice-président en quelques heures seulement.

Pourtant, ces femmes avaient déjà parlé. À leur entourage, aux responsables de leur parti. Pourtant, tout le monde savait…

L’affaire Baupin n’est pas isolée ; sa démission est une étape de la lutte pour éliminer le harcèlement sexuel et les violences à l’encontre des femmes en politique.

En 2002, Jean-Michel Baylet, Ministre de l’aménagement du territoire, obtenait avec transaction financière le retrait d’une plainte déposée par son ancienne collaboratrice parlementaire pour coups et blessures. En avril 2016, nous découvrions que Michel Sapin, Ministre du budget, avait du mal à “retenir sa main” quand il se retrouvait en présence d’une journaliste portant un pantalon taille basse. Sans oublier les nombreuses affaires DSK (Tristane Banon, New-York, Carlton)… Et combien d’autres encore profitent d’une position de pouvoir qui les protègerait et leur permettrait de perpétuer crimes et délits en toute impunité.

Quand on parle de “violences faites aux femmes”, il ne faut pas oublier qu’en face de ces femmes, il y a des agresseurs. Ici, ces agresseurs sont des hommes puissants, qui savent user de tous les ressorts pour que les femmes ne parlent pas, dans un monde où l’on doit « se serrer les coudes entre camarades de parti » pour ne pas ternir son image et où les femmes sont priées de passer sous silence les violences patriarcales, en atténuant ou en relativisant les torts des coupables. Un monde où les victimes sont marginalisées, traitées de folles ou de personnes trop sensibles qui n’ont pas le cuir assez dur pour supporter des faits pourtant graves. Sortir du silence demande du courage, de la solidarité et le soutien de la justice.

 

5 ans après l’affaire DSK, nous appelons à un rassemblement devant l’Assemblée nationale :

  • pour l’inscription au code pénal de l’inéligibilité des hommes politiques reconnus coupables de violences sexuelles et/ou de violences conjugales

  • pour la non-investiture électorale par leur parti politique des candidats hommes sous le coup d’une enquête judiciaire pour des faits de violences sexuelles et/ou de violences conjugales ou déjà condamnés pour de tels faits

  • pour l’ouverture d’enquêtes internes par les partis politiques sur tous les faits dénoncés et rapportés de violences sexuelles, indépendamment de l’enquête judiciaire.

  • pour l’accompagnement, par leur parti, des victimes au dépôt de plainte

  • pour demander la démission de Denis BAUPIN de son poste de député

Contre l’impunité, contre la loi du silence

RDV mercredi 11 mai à 18H30 place Édouard Herriot,

en face de l’Assemblée Nationale

Premières signatures :

  • Association nationale des études féministes
  • Assemblée des femmes
  • Collectif National pour les Droits des Femmes
  • Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et la Contraception
  • Coordination Française pour le Lobby Européen des Femmes
  • Les effronté-e-s
  • Elu-e-s contre les violences faites aux femmes
  • Fédération Nationale Solidarité Femmes
  • Femmes migrantes debout
  • Femmes solidaires
  • Maison des Femmes de Paris
  • Maison des Femmes Thérèse Clerc
  • Mémoire traumatique et victimologie
  • Osez le féminisme
  • Planning Familial
  • Regards de femmes

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