CP : Prostitution : Une loi en avant : dix ans en arrière !

Communiqué de presse des efFRONTé-e-s – 31 mars 2015

Prostitution : Une loi en avant : dix ans en arrière !

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Les efFRONTé-e-s sont écœurées qu’au terme de tant de débats qui devaient renforcer la lutte contre le système prostitutionnel, le Sénat décide de criminaliser les personnes prostituées via le délit de racolage passif, et de déresponsabiliser totalement les clients prostitueurs.

Les efFRONTé-e-s rappellent qu’en France :

  • 85% des personnes prostituées sont des femmes, et 99% des clients des hommes.
  • L’âge d’entrée moyen dans le système prostitueur est de 13 à 14 ans. Nous comptons 5000 à 8000 personnes prostituées mineures sur notre territoire.
  • 97% des personnes prostituées sont étrangères, voire sans papiers, déplacées d’un pays à l’autre au gré des marchés.
  • Leur taux de mortalité est six fois supérieur à la moyenne.
  • 90% des personnes prostituées sont contraintes. Les clients sont donc, 9 fois sur dix, complices et coupables d’un crime sexuel.
  • En Allemagne, pays réglementariste, 60% des personnes prostituées ont été violées ou battues, dans la grande majorité des cas par des clients.

Bref, la prostitution est bien un phénomène extrêmement violent, radicalement sexué, qui constitue un privilège de genre et de classe.

Nous déplorons le rejet du volet qui responsabilisait les clients prostitueurs en tant qu’acteurs du système, via une amende et un stage de sensibilisation. C’est pourtant leur argent qui rémunère les réseaux proxénètes. Comment notre société peut-elle promouvoir une sexualité libre entre personnes véritablement consentantes, quand des hommes peuvent encore acheter des femmes, sachant pertinemment qu’elles ne les désirent pas, et très majoritairement contraintes ?

On nous dit que la pénalisation favorisera la prolifération de la prostitution via internet, mais n’y est-elle pas déjà aujourd’hui, sans pénalisation, en continuelle expansion ?

D’autres agitent les cas des 10% de personnes prostituées qui se revendiquent libres. Ces mêmes défenseurs du choix de se prostituer seraient les premiers à rester sans voix s’ils voyaient concernées leurs filles, leurs sœurs, leurs proches. Quel est ce métier prétendûment libre qu’on ne souhaiterait en aucun cas pour les nôtres ? Qui admettrait que la prostitution devienne un métier comme un autre, qu’elle puisse être enseignée à l’université ? Comment se passeraient les visites d’un inspecteur du travail ? Or dans notre pays, le droit à disposer de son corps connait des limites puisqu’il est aujourd’hui interdit de commercialiser son sang, ses organes, de faire une GPA. Le lancer de nains a été également interdit en France au nom de la dignité humaine.

Au contraire, les modèles réglementaristes n’ont jamais diminué le marché prostitutionnel, et ont fait de ces pays une destination privilégiée pour les réseaux puisque la demande y est légale. Lors de la coupe du Monde en Allemagne, des personnes prostituées arrivaient par bus entiers.

La prostitution est une violence. Les proxénètes l’organisent, les clients la commettent. Tous les acteurs doivent être responsabilisés !

La réintégration de délit de « racolage passif », oxymore par excellence, est une honte absolue. Des sénateurs ont argué qu’il permettait à la police de lutter contre les réseaux en interrogeant les personnes prostituées jetées en garde à vue. Cet argument est démenti par les chiffres. Depuis 1995, les condamnations de proxénètes sont restées très stables, environ 400 condamnations par an, que ce soit avant 2003, année d’instauration de ce délit, pendant, et après 2013.

Nous sommes d’autant plus estomaquées, que ces mêmes sénateurs n’ont cessé d’affirmer leur opposition à la pénalisation sous prétexte qu’elle pourrait renforcer la clandestinité des personnes prostituées. Or c’est pour le coup la conséquence directe du délit de racolage passif. Statutairement parlant, les personnes prostituées seraient considérées comme des délinquantes une fois franchie la porte du commissariat, leur délit passible de deux mois de prison !

Les efFRONTé-e-s se battront pour que les articles qui prévoyaient la pénalisation des clients soient réintégrés à l’Assemblée Nationale, et l’abrogation du délit de racolage maintenue.

Les efFRONTé-e-s se battront pour que soit octroyé aux personnes prostituées étrangères et sans papiers un titre de séjour d’au moins un an, au lieu des six mois prévus par le vote du Sénat. Quel parcours de sortie du système prostitueur peut aboutir et porter ses fruits en seulement six mois ?

Contact : Fatima Benomar – 06 75 86 61 31

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