La libération d’Amina – par l’efFRONTée Séverine

Comme l’a exprimé notre bureau via un communiqué de presse, les efFRONTé-e-s se réjouissent de la libération de la femen tunisienne Amina Sbouï. La jeune femme est sortie de la prison pour Femmes de Sousse en fin d ‘après-midi, ce jeudi 1er aout 2013, après que la justice ait ordonné sa remise en liberté le jour-même ;

Amina était écrouée pour « profanation de sépulture et atteinte aux bonnes mœurs » après avoir écrit le sigle «Femen » sur un muret du cimetière de Kerouan pour protester contre un rassemblement salafiste le 19 mai dernier. Elle est toujours inculpée pour ce chef d’accusation et encourt jusqu’à 5 ans de prison.

La jeune féministe avait fait scandale en Tunisie en mars dernier pour avoir publié, sur internet, des photos d’elle seins nus à la manière des sex-extremistes Femen. A priori séquestrée puis droguée par sa famille qui prétextait sa (soit-disant) « fragilité psychologique », c’est une partie de la justice tunisienne qui a fait, par la suite, preuve de partialité en la poursuivant pour des motifs dignes, selon l’expression historique d’un « procès de Moscou ».

police

Amina a aussi été inculpée pour port prohibé d’un aérosol lacrymogène, une accusation fondée sur un texte datant du 19e siècle, et n’a finalement été condamnée qu’à une amende. La menace de peines plus lourdes pour «association de malfaiteurs» a été invoquée. Durant son procès « profanation de sépulture et atteinte aux bonnes mœurs » qui a débuté le 22 juillet, elle a dénoncé les mauvais traitements et les violences que subissaient les prisonnières femmes et a demandé au juge que les tortionnaires soient jugés et punis.

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé à sa libération conditionnelle, estimant que la militante était détenue pour des « raisons politiques » ce que les EFRONT-é-e-s supputent aussi.

Pour Les EfFRONTé-e-s le fait d’apparaître seins nus dans l’espace publique dans le sens des actionnistes Femen, pour une femme tunisienne comme l’a fait Amina, est légitime et ne participe pas à un féminisme néo-colonialiste mais à la volonté de se réapproprier son corps dans une société patriarcale où la question du port du voile est coercitive.

Son action démontre que le féminisme n’est pas foncièrement un impérialisme, et que ce féminisme échappe et se trouve au-delà de ces catégories, car la revendication à la liberté des femmes est  avant tout universelle. Sans nous prononce aujourd’hui pour ou contre le port du voile, nous sommes pour la vision d’une société laïque où les femmes ont réellement le choix et où le questionnement sur la dissymétrie sexuelle des corps féminins et masculins (pouvoir montrer ses seins) peut exister.

Séverine Hettinger

amina

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