« Amina » par l’efFRONTée Leila Zaibi

Histoire d’AMENA – texte poétique :

La meute s’est rassemblée autour, criant à la mort : FEMENA

De tout FEMENA, seule visée, AMENA.َ

Celle qui a donné à voir en défi, en pouvoir, en possession de l’arme corps. Ignorant la lune, le miel, les bougies du fiel et les servitudes.
Elle a Semé à tout vent la vierge poitrine, Écartelé la lune en se désignant.

Elle a grandi toute seule !!! En si peu de temps, traversé le miroir – Déferlante – femme nouvelle !!

elle a traversé des années lumières de la peur… sur la terre sacrée de Dieu.

Elle a dit en lieu et place. Oubliant son texte, elle a renfloué la vie avec ses propres préceptes.

Elle s’est créée elle même et a disposé. Ce corps planté dans le sol, le regard vacillant entre le ciel et l’horizon.

La meute s’est rassemblée autour… Amena au centre ; seule… Femme entre les loups…

Amena debout, tranquille; les hommes se catapultent, s’agitent à crever…

Il pleuvait des cordes de tragédie humaine distillée en insultes sur la ville de Kairouan, il pleurait des tonnes de visions anciennes ce jour de transition. Je n’avais pas pris la mesure de mettre un bouclier, j’ai laissé le froid m’habiller de tremblements… Et je suis partie à la hâte, La laissant toute seule.

Demoiselle courage des visions, louve entre les hommes…

J’ai fait semblant… d’être fidèle à ma mère. Le fil conducteur, que j’ai filé longtemps pendait à mes narines. La transpiration, les aisselles. J’ai fait exprès d’avaler de travers, mon opinion, j’ai toussé longtemps. Cela valait la peine de me rendre compte par moi même, comparant les textes de l’Avesta aux versets sataniques, de l’auréole sacrée des satiriques mystiques, écoutant les murmures des femmes, sondant les aboiements… masculins.

Fallait sonder les nôtres…

j’ai pris une feuille et écrit en gros : la liste des loups et brigands et………. »LES AUTRES » .
Il n’y avait pas d’autres ou si peu… Le Patriarche ventru régnait sur la place…

Je me suis enfuie dans une maison close… chez ma cousine de ma mère car cette ville est bien connue pour la prospérité de ces hauts lieux du plaisir.

j’ai demandé, timide; follement inquiète comme je me dois d’être; le mystère des poitrines, la nudité des genres, le secret Femena et… les hommes d’ici.

Car Amena a montré ses seins à tous les passants et la Nation est en colère.

NA NA NA me disait la matonne; de tout temps, à tout âge, «ILS» aiment le fleuron… et vénèrent tout ce qui rappelle la mère……..

J’ai lu dans la presse ce que les nichons ont fait à l’honneur et la dignité de la république.

La nudité assassine de la poitrine d’Amena a ravagé la richesse, donné la misère, apporté la maladie, tué l’amour et rabaissé la nation.

J’ai pensé très vite… « une élévation »! Une progression certaine… échappée d’entre les jambes, la dignité nationale ; elle s’est nichée des degrés plus haut…….niché, nichons, drôle de coïncidences.

C’est que de tout temps l’hymen national était le fanion de l’union et de la paix sociale.

J’ai ri… du rire léger de la plaisanterie ou de la rupture… mais il a jauni, pourri et devenu une secousse.

J’ai vu le lynchage scandé s’approchant d’elle… Et elle si frêle, seule face aux loups, le regard accroché aux étoiles, la dignité étrange.

Elle se peut-il en ce monde !! A montré sa poitrine, exposé son charme à la croisée des vents.

Mais pour qui le fait -elle ? Son charmant absent, son enfant à naître dans un lointain présent — pour qui sème-t-elle au grand jour… les graines du désir…

Elle a trahi !… Sans aucun doute. Elle a déjoué, et le masculin pouvoir et la séduction.

Elle a semé le doute, seule debout au vent !! Elle a – comment le dire ! – sans saboter, sans égratigner la fragilité virile de l’homme !?

Elle a détourné, recréé la matière, et le secret gardé…… du désir.

Elle a donné à voir sans appeler… à elle, sans passer par les chemins des hommes, les chemins du mystère CORPS.

AMENA – traîtresse de son espèce est passée – sans l’aide de l’âge, de la vieillesse ou d’un grand malheur qui fait pardonner – elle est passée de l’autre côté de la honte, de la commune pudeur…

Elle a pris le contrôle de l’instrument: AMOUR…

Elle combat auprès des hommes, ELLE FAIT LA RÉVOLUTION.

Dans la foule qui gronde surgissent des flammèches, des boules de feu roulent, des odeurs de fumée, des effluves de chair humaine calcinée. La mémoire me brûle, elle me revient… Je me fraye un chemin vers elle – Je susurre sans arrêt. Ce sont des revenants ; LES IMMOLÉS du printemps, de Tunisie la verte… j’entends « sublime combat… voyant céleste… corpus laïus. »

Je pousse un cri de terreur… L’homme qui m’a saisi le bras n’avait pas de bouche. Elle était cousue de fil de fer rouge, ses yeux ont dit… ce que jamais homme n’a dit sur la dignité humaine. J’avais commis dans le doute et la confusion… l’oubli. De la kasbah au bardo, de sidi au jallaz, la trace de ce visage barbelé.
Amena… toujours debout toute seule, sa poitrine étalée tout le long de la carte…

JE veille désormais sur elle.

En attendant je dessine… un barbelé en rond, une excisée dedans ; une immolée et la suicidée du jour. J’écris en rouge la liste des violées, la morte d’Alger, égorgée, enlaçant ses petits… Je compare, frileuse et entêtée, la momie de Jeddah à la mariée trop tôt à la tribu voisine, à Sanâa, éventrée par le bouc du village dans des épousailles consanguines. Et toutes les autres nues gravées dans l’infortune…

Le lynchage des moralistes continue… contre la kamikaze, le harakiri, « la jihadiste Femena». ILS en oublient la cause, le lèse majesté, le crime contre la dignité, l’humanité, la liberté, la fausse nikabée et la race de sa mère et l’inceste du cheikh et la nation opprimée et l’étranger violeur… et ceux qui n’ont pas compris la détresse, l’injustice et le pouvoir de l’arme corps et la puissance FEMME.

Quand j’ai pu me taire, il était trop tard j’avais trop dit ou pas assez sur les valeurs des hommes, gardiens du sacré ; du temple de l’opprobre. Ils continuent de croire qu’il faut couvrir sans trop attendre les seins d’AMÉNA.

Leurs voix à elles, Femmes du monde, se joignent, s’élèvent, m’arrivent entrecoupées… VIVA LES RÉVOLUTIONS.

AMINA-FEMEN

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