« Cartas de Mujeres » par l’efFRONTé Lucas Gomez

Équateur : Campagne contre les violences faites aux femmes

Je viens de rentrer de Quito, capitale de l’Équateur. En me baladant dans la ville, je suis tombé sur une exposition photographique le long d’une grande avenue. Sur toutes ces photos, nous voyons des femmes parler, écouter, écrire et manifester. C’était en réalité une campagne contre les violences faites aux femmes, organisée par la ville et l’ONU femme et qui s’est déroulée sur 5 mois, dès l’été 2012.

Cartas Mujeres

Dans le pays d’Amérique latine qui compte le plus d’adolescentes enceintes, sans droit d’avortement, où certains centres de désintoxication ont eu des activités illégales de « déhomosexualisation », dans une ville où plus de 90% des femmes ont été au moins une fois sifflées, klaxonnées ou abordées lourdement dans la rue, le but de la campagne était que celles-ci se réapproprient l’espace public, comme les parcs, les places ou les musées pour en faire des lieux d’occupation sécurisée, et non plus de transit. La plupart du temps, ces actions prenaient la forme d’ateliers en installant des chaises et des tentes. Afin de sensibiliser la population, ces espaces permettaient le dialogue entre femmes d’une part, et avec des hommes d’autre part.

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La campagne « Cartas de Mujeres » (Lettres de femmes) était destinée à rendre visible et à médiatiser le problème des violences faites aux femmes. Celles qui le désiraient étaient invitées à écrire une lettre racontant les violences subies, qu’elles soient physiques, psychologiques ou symboliques. Initialement réservée à la ville de Quito, de nombreuses lettres sont arrivées de toutes les provinces du pays. Au total, prêt de 12.000 lettres ont été recueillies. Cependant, si certains médias ont accepté de prendre part à cette campagne, la recherche d’audience rendait parfois l’action contreproductive. En recherchant le sensationnel dans des histoires de femmes battues, enlevées ou assassinées, certains médias transformaient un problème grave de société en un enchainement de faits-divers.

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Certains efforts ont été réalisés par les institutions. Parfois de manière parfaitement maladroite, avec une très mauvaise communication culpabilisant les femmes en voulant les défendre. Mais parfois, nous récoltions quelques résultats comme la modification d’une loi sur les violences faites aux femmes et l’adoption d’une loi rendant gratuite la pilule du lendemain.

Cette campagne ne s’est pas uniquement déroulée en Équateur. Initialement lancée en Colombie sous une forme un peu différente, elle se déroule en ce moment à Lima au Pérou… et pourquoi pas bientôt en France ?cartas

Carta-de-Mujeres-Photo

Lucas Gomez Toscano

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