« Les violences sont culturelles ! » par l’efFRONTée Marion Duquesne

La société dans laquelle nous vivons repose sur une dichotomie des sexes, et donc des genres, qui n’a pas toujours existé et est une construction sociale relativement récente. A travers cette construction des stéréotypes de genre se créé un rapport de pouvoir, de domination, des hommes sur les femmes, justifié par les plus grandes institutions sociétales : l’Etat, l’Eglise, l’école, les médecins, etc.

Marion

Notre société a connu des évolutions notables, principalement grâce aux mouvements féministes : ce rapport de domination s’est affaibli, du moins officiellement, et n’est plus considéré comme acceptable par la majorité de la population. Toutefois, dans les faits, les stéréotypes de genre et les valeurs assignées à chaque individu en fonction de son sexe continuent à justifier des comportements intolérables de violence physique ou morale des hommes envers les femmes. La différenciation des genres se fait dès la prime enfance et il est généralement accepté que les garçons soient turbulents, agités, bagarreurs, etc. parce que ce sont des garçons, alors qu’on attend des petites filles qu’elles soient sages, calmes, gentilles, etc. parce que ce sont des filles. De même, dès le plus jeune âge on apprend aux garçons à ne pas faire les fillettes, sous-entendu à ne pas se plaindre, à ne pas pleurer, etc., en assignant aux filles des valeurs négatives et en apprenant ainsi aux garçons à se placer en position de supériorité par rapport à elles.

La violence masculine s’auto-justifie donc à divers niveaux et le fait que des hommes puissent régler leurs différends en se tapant dessus est presque considéré comme normal, au nom du fait que ce sont des hommes. Des études ont prouvé que les professeurs traitent filles et garçons de manière différente dès la maternelle et tolèrent certains comportements des garçons qu’ils n’acceptent pas chez les filles, sous prétexte que ce sont des garçons et qu’on ne peut les empêcher d’agir ainsi. Ainsi, un homme qui frappe une femme, peut expliquer qu’il n’a pas pu se retenir car la violence est biologique et donc inhérente à l’homme. De même, beaucoup de gens n’ont pas honte de décréter qu’une femme qui se fait violer l’a sûrement cherché, même involontairement, car les hommes seraient régis par leur testostérone plutôt que par leur cerveau et qu’on n’a que ce qu’on mérite si on les provoque en sortant en jupe…

barbara Kruger

Oeuvre de Barbara Kruger

Aucune hormone n’est responsable de la violence masculine mais la société l’excuse comme biologiquement fondée et cherche à masquer la spécificité des violences des hommes contre les femmes : elles sont le produit de différences de genre qui visent à affirmer la domination masculine sur les femmes.

Par Marion Duquesne des efFRONTé-e-s

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