Avec les sans papières, le 1er septembre !

Nous les connaissons toutes et tous !

Beaucoup d’entre elles vont chercher nos enfants à la sortie des écoles, préparent leurs dîners, prennent soin des personnes âgées, font leurs courses et improvisent les nécessaires compétences en matière d’écoute et de patience, qui ne sont ni naturelles ni acquises aux femmes !

Tract diffusé pendant la manifestation en PDF ICI

Les femmes françaises issues de l’immigration, étrangères en situation régulière ou sans-papiers rencontrent une ribambelle de difficultés sur le terrain de l’insertion professionnelle, d’abord en cumulant des discriminations sexistes et racistes à l’embauche, mais aussi en subissant les ravages d’un projet libéral qui A BESOIN d’engouffrer certaines personnes dans la précarité afin qu’elles servent de variable d’ajustement aux entreprises. Beaucoup d’entre elles sont cantonnées aux secteurs précaires du nettoyage, de l’hôtellerie, de la confection, de la restauration et surtout du service à la personne.

Isolées, éparpillées sur des lieux de travail différents, il leur est très difficile de s’organiser pour faire grève ou de construire des structures représentatives pour défendre les droits et les intérêts des femmes travaillant dans le secteur du service à la personne.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) reconnait cette situation particulière : « le travail domestique continue d’être sous-évalué et invisible (…) effectué principalement par des femmes et des jeunes filles dont beaucoup sont migrantes ou appartiennent aux communautés historiquement défavorisées et donc particulièrement exposées à la discrimination liée aux conditions d’emploi et de travail et aux autres violations des droits humains ».

Malheureusement, les politiques concernant les personnes immigrées sont souvent menées sans prendre en compte la dimension du genre, alors que les femmes immigrées sont victimes d’une exposition particulière à l’exploitation et aux violences. Pas mal d’idées reçues circulent toujours à leur sujet, la plus connue étant qu’elles émigrent seulement en tant qu’épouses pour accompagner leurs conjoints. Pourtant, elles sont de plus en plus nombreuses à prendre la décision de partir de façon indépendante, poussées par la pauvreté, les changements climatiques ou la nécessité d’échapper à la discrimination sexiste dans leurs pays. L’augmentation des transferts de fonds qu’elles effectuent vers ces pays d’origine suffit à montrer que ces femmes contribuent à l’économie du pays d’accueil et se privent d’une bonne part de leurs maigres salaires pour aider les familles laissées de l’autre côté de la frontière.

Pour ce qui est des femmes en situation irrégulière, celles-ci se heurtent à d’astronomiques obstacles pour accéder aux services sociaux ou pour obtenir la protection qu’offrent les foyers d’hébergement pour femmes. Quand elles sont illégalement employées, elles vivent dans l’angoisse constante d’être découvertes, à la totale merci de leurs employeurs et démunies de tout pouvoir de négociation. Enfin, quand elles sont victimes de violences conjugales, elles sont nombreuses à les subir en silence pour éviter d’avoir affaire aux autorités compétentes qui risquent d’ourdir leur expulsion.

La pénurie de structures publiques d’accueil des enfants et des personnes âgées en France renforce une triste réalité qu’elles servent aussi, à travers l’emploi précaire du service à la personne, à soulager quelques femmes actives victimes de la double journée qui ont les moyens d’avoir recours à elles. Le désengagement de l’état en matière de services publiques performants se repose donc sur leur exploitation et sur leur précarité !

Quand les sans papiers, femmes ou hommes, décident d’engager des procédures pour être régularisées, elles se heurtent souvent à une grossière hypocrisie de la préfecture, celle-ci leur réclamant des feuilles d’impôt ou des fiches de paie tout en sachant qu’elles ont souvent été forcées de travailler avec de faux papiers, les papiers des autres, ou de travailler au noir pour subvenir tant bien que mal à leurs besoins. Elles auront donc besoin de toute notre solidarité quand les associations qui s’occupent de les arracher à l’ombre s’organiseront pour obtenir leur régularisation !

A l’occasion du 16éme anniversaire du « coup de hache contre la porte de l’église St Bernard à Paris », les efFRONTé-e-s appellent à participer à la…

Manifestation unitaire du samedi 1er septembre

14h30 – Départ Place de la République,

  • Régularisation des sans papiers qui travaillent d’une façon ou d’une autre.
  • Fermeture des centres de rétention administrative (CRA).
  • Arrêt des contrôles au faciès et des expulsions.
  • Egalité de traitement entre Français-e-s et Etranger-e-s dans les études comme au travail.

A l’initiative de :

ALIF, ALIFSI, CGT, CNSP, CSP 17, CSP 59, CSP 75 (Strasbourg/St Denis), CSP 92, Coordination 93, Droits devant.

Avec le soutien des premiers signataires suivants :

Collectifs : CSP (Angoulème), Comité soutien Ousmane BA de Creil, SP92…
Associations : ATTAC-France, ATMF, Autremonde, Femmes Egalité, FTCR, Intercapa Solidarité, LDH, MRAP, Mouvement de la Paix, RESF, Réseau féministe « Rupture », Sortir du colonialisme, Sos Racisme… Syndicats: UNEF, FSU, Solidaires-Finances- Publiques…
Partis politiques : Alternative Libertaire, Europe Ecologie les Verts, FASE, Parti communiste français, Parti communiste des ouvriers de France, Parti de gauche, UDB…


2 réflexions sur “Avec les sans papières, le 1er septembre !

  1. Le combat contre toutes les discriminations, risquerait d’être perdu s’il se cantonne à la seule lutte contre le sexisme : il serait plus attractif en développant un projet de société où les rapports humains seraient des rapports entre personnes. Exemple : en considérant l’école comme un lieu d’apprentissage, les enfants, les adolescents y sont réduits aux seuls attributs d’élèves qui n’ont plus pour se différencier que les divisions en genre, en clans etc… mais si l’école est conçue, pensée et organisée comme un lieu de vie, alors les acteurs pédagogiques réinvestissent leur espace en tant que personnes (l’élève n’en étant qu’un attribut). Les genres, les clans, passent au second plan laissant la personne prendre toute sa place. C’est ainsi que l’école, dé sanctuarisée, ouvrira à chacun toutes les potentialités qu’il porte sans le réduire à la seule fonction d’apprenant. Il y a là une profonde mutation dans la culture qui attend que soit réinvesti l’individualisme, au sens ethnologique du terme. La cause féministe y trouverait sa place naturelle, tout comme l’aspiration des élèves à être reconnus comme personnes, actrices et acteurs pédagogiques à part entière, et non acté(e)s par un système quasi pénitentiaire.
    Que diable ! Relisez Marcuse (l’homme unidimensionnel), Illich (pour une société sans école). Dans les années 60-70, toutes les solutions aux problèmes d’aujourd’hui ont été dites, décrites, développées.

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